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Mis en ligne le 2011-11-04

 

  1996 des senanteurs en mongolie copie

Naadam 96

 

 

         Je lis souvent, avec intérêt, les articles et publications de l'ACFM.

         Dernièrement, dans votre blog, l'article écrit par M. Guy CONTARD, retraçait ( trop rapidement)

les conditions, dignes d'un pionnier, de son installation en MONGOLIE, dans le début des années 90.

          Témoin fugace et partiel - mais, témoin quand même - de la réalité mongole, durant le Naadam 1996, je puis confirmer la véracité de son récit.

          Sans titre-3Je faisais partie de la mission sénatoriale dépêchée en juillet 1996, dans ce pays lointain et, pendant longtemps, fermé aux occidentaux, dans le cadre d'une récente volonté de rétablir des relations bilatérales de bon niveau.

          Nous étions trois, membres du bureau du groupe d'amitié FRANCE-MONGOLIE du Sénat ( mes deux collègues sont, hélas, décédés depuis... ).

          Pourquoi avoir choisi d'adhérer à ce groupe d'amitié ? J'étais évidemment curieux d'entrer en contact direct avec la réalité de ce pays, au passé glorieux et douloureux, au mode de vie et à la culture tellement différents des nôtres, au présent marqué par  tant de difficultés et d'incertitudes, par tant d'aspirations à vivre mieux, à vivre libre.

          Finalement, je ne savais qu'assez peu de choses de ce pays, sinon que, depuis les années 20, la MONGOLIE " EXTERIEURE " était quasiment une province soviétique. C'était plus encore le cas pendant la période stalinienne, durant laquelle la répression de masse fut effroyable. Ce fut aussi le cas au debut des années 60, époque de la montée des tensions sino-soviétiques, le pays devenant un poste avancé de l'Armée Soviétique.

          Sans titre-5Je savais aussi que, dans les années 90, avec la disparition de l'URSS, la MONGOLIE s'était enfoncée dans son statut de pays en voie de développement, au PIB par habitant voisin de celui du MALI, baignant dans une récession sévère aux conséquences terribles pour les plus modestes ( recul de l'espèrance de vie, mendicité, enfants abandonnés, 40% de chômage ...).

          Les dirigeants mongols, issus de l'ancien PC au pouvoir, tentaient de renouer les relations avec les principaux pays occidentaux et le JAPON, pour faciliter le retour de leur pays dans la communauté internationale et aussi, et surtout, pour rechercher de l'aide économique et politique.

          S'il est vrai que la FRANCE, sous la présidence du Général DE GAULLE, avait établi des relations diplomatiques, en 1965, avec la MONGOLIE ( juste après la reconnaissance de la CHINE de MAO ), cet acte volontariste n'ébranla pratiquement pas la fermeture de ce pays, voulue par les soviétiques et les dirigeants mongols.

         Du coup, au début des années 80, la patience française ayant atteint ses limites, l'ambassade fut fermée, faute d'utilité et de relations autres que basiquement protocolaires. Les relations furent replongées dans une profonde léthargie, mise à part l'activité culturelle développée, dans des conditions difficiles mais avec conviction, par un " lecteur ", pendant une longue période, seul représentant officiel français sur place.

          Ce volontarisme français, visant à établir de bonnes relations avec la MONGOLIE, remonte à loin - on le sait bien à l'ACFM - au milieu du 13ème siècle. A l'époque, le Roi de FRANCE, ST-LOUIS, en y envoyant des émissaires conduits par Guillaume DE RUBROUCK, essayait de conclure avec l'Empire Mongol, proche de son apogée, une alliance de revers contre les forces musulmanes occupant la PALESTINE ( JERUSALEM ayant été reprise par SALADIN, un bon demi-siècle auparavant ).

 

           Tentative avortée, les Mongols avaient d'autres chats à fouetter que de traverser, en force, le CAUCASE, pour aller prêter la main aux Croisés occidentaux, même avec la promesse de gains de nouveaux territoires.

           Le vénitien Marco POLO, son père et son oncle, furent les seconds à nous transmettre des informations sur les Mongols. Mais leurs motivations étaient plus marquées par le "business" que par la politique.

            Mais, je m'égare... Quittons KUBILAY pour en revenir à OTCHIRBAT !

            Sans titre-1En avril 1996, le Président mongol, M.OTCHIRBAT, ancien dirigeant de la tendance réformiste du PRPM ( l'ancien PC ), passé dans le camp des partis libéraux récemment formés, avait effectué une importante visite officielle, rencontrant le Président CHIRAC et M. MONORY, Président du Sénat, relançant, en grand, les relations franco-mongoles.

            L'envoi, en retour, d'une délégation parlementaire ( en l'occurence sénatoriale, il n'y avait de groupe d'amitié à l'Assemblée Nationale ), durant la période de la Fête Nationale mongole, allait être la première visite diplomatique française ( depuis longtemps ), faisant suite à la demarche du Président OTCHIRBAT.

           Et nous voilà partis, tous les trois, Hubert DURAND-CHASTEL, Jean-Jacques ROBERT et moi-même, accompagné de M. LAFLANDRE, notre excellent secrétaire exécutif du groupe d'amitié... Direction OULAN-BATOR via MOSCOU.

          Après un briefing ( concis, mais remarquable ) de M. MOREL, notre ambassadeur, durant notre court transit moscovite, nous embarquions, pour un vol de nuit, dans un vieux Boeing d'Air Mongolia, plein à ras bord, de citoyens mongols rentrant au pays, pour la Fête Nationale et peinant à décoller ( juste en bout de piste...).

           Contact avec la steppe ( ni arbre, ni clôture ), entrée en ville, vieux immeubles collectifs HLM en périphérie et un peu partout, vieux bâtiments monumentaux de style stalinien dans le centre, peu de voitures, un peu de camions fumants...première impression générale conforme à ce que l'on savait, similaire aux villes provinciales, ,dans les régions les plus pauvres d'UNION SOVIETIQUE.

          Sans titre-2 Mais, accueil chaleureux !

           En organisant des rencontres politiques au plus haut niveau de l'Etat Mongol ( Président de la République, Ministres des Affaires Etrangeres, de la Culture, du Commerce et de l'Industrie, Président de l'Assemblée Nationale... ), les dirigeants mongols voulaient clairement marquer leur volonté de créer des relations fortes avec notre pays ( nous avons essayé d'y repondre au mieux que nous pouvions ) et, dans le court terme, de voir se ré-implanter une ambassade - ce qui fut fait, en deux étapes, quelques mois plus tard.

             A l'époque, on pouvait compter sur les doigts d'une main, les résidents français permanents :

M. et Mme CONTARD, deux courageuses religieuses ( membres d'une congrégation en dissidence avec le VATICAN ) en mission humanitaire auprès des enfants des rues d'OULAN-BATOR et un jeune diplomé, effectuant son service national, spécialiste des problèmes sismiques - y compris dans leurs aspects militaires - ( je n'en dirai pas plus ).

              En MONGOLIE, comme en bien des endroits de la planète, nombre d'étudiants et de personnes cultivées marquent un intérêt, voire une attirance, envers la culture française. Notre pays ne possède-t-il pas encore le premier réseau culturel à l'étranger ( et le second pour l'implantation diplomatique, après celui des Américains ) ?

              Sans titre-9Et c'est le grand mérite de Guy CONTARD, bien épaulé par son épouse, d'avoir su , avec des moyens très minces et dans des conditions parfois exaltantes mais souvent difficiles et précaires, répondre au mieux à cette demande.

              Sur le plan politique, nous avions été frappés par trois choses :

 

                                      - La jeunesse des dirigeants. Le Président OTCHIRBAT avait la cinquantaine, le Président de l'Assemblée Nationale, M. BAGABANDI ( qui gagnera en 97 les présidentielles et effectuera deux mandats )  avait la quarantaine, ainsi que la plupart des ministres, quant aux dirigeants des partis libéraux ( récents vainqueurs des législatives de 96 ) étaient, pour la plupart, des trentenaires.

                                       - La sérénité dans les rapports entre majorité et opposition, qui a pu se vérifier durant des nombreuses phases d'alternance. Sérénité et, j'ajouterai, pragmatisme : Le PRPM accentuant son orientation sociale-démocrate à l'intérieur et pro-américaine à l'extérieur et les partis libéraux gagnant en maturité, après un certain angélisme ultra-libéral, du début des années 90.

                                        - La recherche forcenée d'appuis occidentaux, avec la hantise de ne pas redevenir dépendants des Russes ou des Chinois. Il est d'ailleurs à noter que c'est M.BAGABANDI, pur produit de l'ancien PC, qui aura été le principal artisan de l'orientation pro-américaine. Il fut reçu au Pentagone, en 2004, comme un vieil ami.

                                           Enfin, s'il est vrai qu'en matière économique, mis à part quelques domaines (téléphonie, filière laitière, prospection minière, formation des cadres administratifs, traitement de l'eau...) où nous avons pu ou aurions pu prendre des parts de marché ou développer des rapports de coopération, la FRANCE ne pouvait pas avoir de grandes ambitions. Chinois, Coréens, Japonais, Russes et ...Allemands ( ces derniers bénéficiant encore des anciens réseaux de la RDA ) étaient, à l'evi-

dence, mieux armés et mieux placés. Nous étions, tous les quatre, conscients de cela.

                                           En écrivant ces quelques lignes, je n'avais évidemment pas la prétention, de retracer, même à grands traits, la réalité mongole des années 90, mais simplement retrouver et faire partager quelques souvenirs et impressions, datant de 15 ans, d'une mission parlementaire qui m'avait marqué et permis de rencontrer un peuple attachant et qui a su se mobiliser pour aller mieux.

 

             Jean-Luc BECART

             Sénateur honoraire

 

 

Sans titre-10

  remise de la médaille du Sénat à Guy CONTARD. De g à d Hubert DURAND-CHASTEL

moi même et Jean-Jacques ROBERT
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